Notre patrimoine
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ÉGLISES
  • Église St-Loup et St-Mathurin
    LES VALLÉES DE LA VANNE

    A deux pas de l'Usine, il s'agit d'une chatoyante église néogothique.

    L'église St-Loup et St Mathurin

    L'église actuelle, dédié à Saint Loup et Saint Mathurin, a été bâtie en 1863 en style néo-gothique pour remplacer l'ancien édifice, tombé en ruine.

    Recherchés par l'architecte LEFORT de Sens, les contrastes de couleurs mettent en valeur l'extérieur du bâtiment, récemment restauré et la voûte intérieure illuminée par ses arcs de terre cuite.

     

    Un peu d'histoire

    Le coq et le clocher déplumés

     

    Des roulements sourds, au loin, puis des déflagrations beaucoup plus proches. Tout cela sans pluie. Et puis, soudain, un énorme coup de tonnerre tout près. M BOCQUEZ, dans sa cour à ce moment précis, a vu l’éclair tomber sur le coq de l’église, qui en est devenu tout rouge. Le cliquetis des ardoises s’envolant du clocher pour s’écraser au sol est venu compléter le tableau. De loin, ce bruit étrange avait pu faire croire qu’une main malveillante avait fracassé des vitres. Le 19 Août 2002, à 21 h23, la pendule s’est arrêtée. L’heure du crime était ainsi marquée pour longtemps !

    Des enfants qui se trouvaient dans le lavoir ont eu très peur car la foudre est tombée à plusieurs endroits près de la rivière. Ils ont été les premiers, avec M BOCQUEZ, à constater les dégâts subis par le clocher.

    Les jours suivants ont donné l’ampleur du sinistre. L’horloge électronique a été endommagée. L’électrification a été sérieusement touchée sur les deux cloches. Quant au clocher, l’étendue des dégâts oblige à une réfection complète de la couverture, car les arêtes sont presque complètement dépouillées de leurs ardoises.

    L’entreprise retenue mobilisera un échafaudage, qui sera installé depuis le sol, à partir du 15 Janvier. La réparation à l’identique pourra alors débuter. Fort heureusement, l’assurance va fort bien couvrir ce sinistre qui sans cela aurait été catastrophique pour les finances communales.

    Jean STENUIT

    La reconstruction

     

     

    Les cloches sont revenues (Février 2004)

     

    Retardés par les frimas et d'impressionnantes bourrasques de vent, échafaudeurs et couvreurs ont pu enfin remettre en place la couverture d'ardoises qu'avait dégarnie la foudre au mois d'août 2002. Le pauvre coq, qui en avait vu de toutes les couleurs, blessé par balles et victime d'une cuisson inattendue par la foudre a dû être remplacé par un coq tout neuf, rouge celui-là, mais parce qu'il est en cuivre. Par la même occasion, le Conseil Municipal a décidé "à toutes fins utiles" d'installer un paratonnerre. Le couvert et la protection contre la foudre étant assurés, électronique et mécanisme purent être réparés. Et, enfin, pendule et cloches purent reprendre leur office en rythmant la vie des habitants.

    Jean STENUIT

     

    Histoire de nos clochers

     

    Drôle de Fantôme !

     

    Une histoire qui me faisait rêver, c'est l'histoire du fantôme.

    Ma grand-mère avait des parents qui demeuraient dans un charmant village de la Vallée de la Vanne dont je tairai le nom.

    Ils avaient un fils qui avait au la malchance de tirer un mauvais numéro lors de la conscription et les pauvres savaient qu'il partirait car il avait la taille requise ( c.a.d plus de 1,63 m ) et leur bourse ne supportait pas le rachat d'un remplaçant. Il partit donc, ce fils, pour un service de sept années. Ils reçurent bien une lettre de Paris puis une autre de Toulon mais ensuite silence.

    Les 7 ans révolus, la grand-mère se mit à espérer son retour mais après s'être usé les yeux à regarder le bout du chemin, elle sortit sa robe de deuil et pleura son enfant.

    Un soir, elle trempait la soupe lorsque l'on cogna à l'huis.

    "Qui est là?". "C'est votre garçon". Grand-père hésitait, mais elle avait reconnu sa voix. Le fils embrassé, dorloté, il déposa sa musette sur la table et en sortit de beaux coquillages rosés qui portaient la mer en eux, souvenirs de son passage dans les mers de Chine.

    L'âge avait courbé ses parents, mais malgré la joie qui illuminait leur visage, leurs yeux transpiraient l'angoisse. "Pourquoi cette frayeur?" C'est que les jours de plaine lune, sous le coup de minuit un fantôme venait leur soutirer une pièce d'argent sinon malheur leur arrivait. Il y avait eu dans le pays des incendies dont l'origine restait mystérieuse. Le fils les rassura et prit en main l'affaire.

    Minuit approchait, la lune souriait, la pièce d'argent luisait sur la table.

    "TOC, TOC, je suis le fantôme, une pièce sinon par Lucifer vous périrez par le feu." Il ouvrit prestement la porte et au lieu de donner la pièce, il asséna un grand coup de hache sur le bras qui se tendait. Un hurlement. La grand-mère priait, le grand père restait muet.

    Mais le dimanche qui en suivit, on vit arriver à la messe un des notables du pays le poignet droit bandé (vous comprenez maintenant pourqoui, j'ai tu le nom du village). Il s'était blessé avec sa hache en faisant du menu bois, disait-il. Mais alors expliquez-moi comment fait-on pour se tailler le poignet droit lorsque l'on est droitier?.

    A compter de cette nuit-là, le village connut la tranquillité.

    Aujourd'hui, lorsque je vois les deux coquillages sur la cheminée, il me vient à penser que les loubards des banlieues n'ont rien inventé, mais qu'il nous manque peut-être un homme venu des temps anciens pour remédier à ces violences.

    André LUXEMBOURG

LAVOIRS
  • Le lavoir et l'abreusvoir à Moutons de Chigy
    LES VALLÉES DE LA VANNE

    En 1868, la ville de Paris avait décidé de s’installer à Chigy pour pomper l’eau des sources du Maroy et des Grandes Patûres et l’envoyer par conduite gravitaire vers Paris. Mais elle avait besoin de terrains communaux pour établir ses ouvrages.

                A titre d’indemnité la commune de Chigy réclame dès 1868 puis en 1876 la construction d’un abreuvoir, d’un lavoir à linge couvert pour 40 personnes, d’une passerelle pour y accéder et d’un nouveau lavoir à mouton.

                La ville de Paris a finalement accepté différents travaux à la commune de Chigy pour une somme de 12 000 Frs (28  décembre 1876). Le 9 mai 1878 soit 10 ans après les premières demandes, les ouvrages sont livrés à la commune.

                Les lavoirs sont construits sur une digue artificielle créée au milieu de la rivière très large à cet endroit. Un courant d’eau alimente successivement le bassin du lavoir à linge puis le lavoir à mouton. Un fourneau permet de faire bouillir la lessive. De l’autre coté de la verrière, un WC à la turque occupe un petit cabanon en brique.

                Contrairement aux premiers plans, pour éviter la rouille, les barres d’égouttage du linge au pourtour du lavoir sont en chêne et non pas en fer.

                Le lavoir à moutons était sans doute très prisé dans la région puisque les éleveurs d’autres communes venaient y laver leurs bêtes à laine. On institua, pour eux, une taxe de 2 Frs pour 100 animaux.

                Pour maintenir la propreté des deux lavoirs et  l’ordre public (40 lavandières vous imaginez !) il est institué, dès 1878, un poste de surveillante des lavoirs au traitement de 40 Frs par an (le secrétaire de mairie de l’époque  recevait alors 70 frs par an).

     

    Fonctionnement :

    Le lavoir à linge consiste en un grand bassin rectangulaire bordé par une margelle en pente qui permettait aux lavandières, derrière leur protège genoux, de battre le linge et de le rincer. Elles pouvaient le laisser égoutter ensuite sur les barres courant tout autour du bâtiment. Enfin, elles pouvaient aussi faire bouillir leur lessive sur un fourneau de briques.

     

    Il n’existe ni dans les mémoires, ni dans les écrits, aucune explication sur le mode d’utilisation du lavoir à moutons. Avec un soupçon d’internet et d’imagination, on peut supposer que les animaux étaient introduits par une rampe assez large, située à l’ouest et qu’ils étaient ressortis par la rampe plus étroite, située à côté du lavoir à linge. Et c’est là que se pose une question. Pourquoi une marche de 40 cm entre le fond du bassin et la rampe ?

    D’après diverses cartes postales diffusées sur le web, les éleveurs rentraient dans le bassin (80 à 90 cm d’eau) et frottaient leurs animaux avant de les monter à bras et les poser sur ladite marche et les faire sortir.

     

    Travaux :

       au lavoir à linge

    Il s’est agi de réparer les conséquences du temps et de certains actes de vandalisme et de le protéger contre de nouvelles atteintes. En toiture, remplacement d’une verrière abîmée et d’une onduline par deux verrières neuves qui donnent une excellente clarté à l’intérieur. (On parle d’y réaliser des expositions d’arts plastiques). En pignon, remplacement d’une très belle verrière usée par le temps par une nouvelle dotée de carreaux incassables. La porte d’entrée anciennement en bois a été avantageusement remplacée par une double grille (dans le style de la balustrade de la passerelle) qui, à la fois, protège le site et permet aux visiteurs pressés de découvrir l’intérieur du bâtiment.

    Enfin, des applications de peinture ont permis de masquer des tags défigurant les murs intérieurs du bâtiment. La charpente, les ferronneries et les barres d’égouttage du linge ont été repeintes et ainsi protégées.

    Aujourd’hui, il reste à reconstituer le foyer de chauffage de la lessive et il sera nécessaire, un jour, de changer une partie des tuiles mécaniques qui sous l’effet du gel sont devenus perméables.

     

       au lavoir à moutons

    Le chantier était beaucoup plus mystérieux …On ne disposait que de plans et de quelques indices matériels : les restes d’un petit vannage et un mur latéral au lavoir à linge.

    Le bassin avait été abandonné puis comblé par des décennies d’apports de terre et de matériaux. La première opération a donc consisté à sortir tous ces matériaux du bassin (30 m³ environ). Mais la surprise a été plutôt agréable : les restes de mur étaient bien là et permettaient de reconstituer la configuration originale.

    Ce fut donc le travail du maçon. Les blocs de pierre trouvés dans les déblais furent réutilisés pour remonter les murs. Paradoxalement, l’opération la plus délicate fut l’évacuation des terres. Par un système de tapis successifs posés sur la passerelle, les terres furent chargées dans une benne agricole et évacuées sans qu’aucun risque n’ait été pris pour la passerelle et l’environnement aquatique.

     

    Un lavoir à linge que jouxtait un lavoir à moutons, un abreuvoir, un pont sur le bief aval de l'usine complètent cet aménagement.

    Un pays d'eau et de verdure. A Chigy, les eaux courent partout : rû des Sièges, rû du Maroy, rû des prés de la Chaussée.

    Les bords de la Vanne sont le rendez-vous des pêcheurs et des promeneurs.

MONUMENTS COMMEMORATIFS
  • EL LOBO II
    LES VALLÉES DE LA VANNE

    Depuis plusieurs années, Pierre COLSON natif de Pont-sur-Vanne et agriculteur retraité à Montacher, prenait des contacts réguliers avec la Mairie de Chigy. Il cherchait à retrouver des témoins, des photos de l'atterrissage forcé d'une forteresse volante américaine l'EL LOBO II à Chigy en 1945. Petit à petit, il a réussi à collecter assez d’informations, en France comme aux Etats-unis pour reconstituer l’histoire de cet appareil.

    Parallèlement il avait mené son enquête sur trois autres forteresses qui s’étaient écrasés dans le Sénonais à Champigny, Champlay et Chamvres.
    QUand il eut assez d'éléments, il réussit à sensibiliser un groupe de personnes de Chigy sur l'intérêt d'une commémoration de ces épisodes locaux de la 2ème guerre mondiale.
    C’est ainsi qu’il proposa de créer une association afin d’élever un monument à Chigy. Le 24 avril 2002 naissait l’Association des Amis d’EL LOBO II et de la 8ème U.S. Army Air Force.

    Au fil du temps, le projet se précisa, les dons et les promesses de subventions permirent d'envisager la réalisation. L'aire de repos de la Grenouillère est vite apparue comme le site idéal vu sa proximité de la Nationale 60 et l'importance de son parking. Restait à choisir une date.

    Sans trop y croire l'inauguration fut programmée pendant l'été 2003. Il fallut seulement retarder un peu l'évènement, pour concilier tous les emplois du temps. Le beau temps eut la bonne idée de persévérer un peu jusqu'au 20 septembre et d'offrir des conditions idéales pour une cérémonie en plein air.

    Il fut également décidé d'exploiter l'important fond documentaire déjà réuni par Pierre COLSON et d'autres membres de l'Association pour monter une exposition. Bernard BOIZE et son équipe : Monique et Maurice BLOCH, Pierre Schmitt préparèrent des panneaux sur le contexte historique, la technique des bombardiers de l'époque, les missions, les équipages et l'histoire des quatre avions.

    C'est ainsi que le 19 septembre un nombreux public se pressait à la salle Gabriel LAURANT pour le vernissage de l'exposition. Dans une ambiance très conviviale, chacun put prendre connaissance des nombreux documents présentés ainsi que des objets provenant d'EL LOBO et admirer drapeaux et uniformes de l'époque. La conclusion générale fut qu'il fallait revenir et recommander la visite à ses amis. C'est pourquoi le lendemain, durant la semaine et le week-end suivant, de nombreuses personnes ont pu visiter l'exposition sous la conduite de Bernard BOIZET et de son équipe. Et puis le lendemain matin 20 septembre, branle bas de combat.

     Dès 9 heures des voitures envahissent les parkings, route Nationale et devant l’ancienne gare.

    Musiciens de Pont-sur-Yonne et de Paroy-sur-Tholon, porte-drapeaux s’acheminent en bus vers la place du village, devant la Mairie pavoisée. Des jeeps avec des équipages en uniformes américains se garent Rue du Moulin et tout le monde prend place pour le défilé.

    Pour certains anciens du village c’est l’émotion. Ils revivent le spectacle de La Libération le  21 août 1944, quand la jeunesse s’était massée rue du Guichet.

    Au son de marches patriotiques, le défilé s’ébranle par la Grande Rue : jeeps en tête, fanfare, garde d’honneur du drapeau américain, qui a rejoint sur le pont, drapeaux des associations patriotiques et enfin un public très nombreux dont beaucoup d’habitants de Chigy.

     

    Arrivée à l’Aire de la Grenouillère, dans un ordre impeccable la petite troupe s’immobilise devant la tribune officielle où avaient pris place les invités : le Colonel DAVIS de l’ambassade américaine à Paris, le Colonel PARKER, le Colonel SILLER, le Lieutenant Colonel ROZIER, le radio Russel KARL, le mitrailleur Rex BURK : vétérans américains, le Sous Préfet de Sens, le Sénateur Henri de RAINCOURT, le Député Philippe AUBERGER, Marie-Louise FORT, Maire de Sens, Vice présidente du Conseil Régional, Jean PINGAL, Conseiller Général, Michel REBEQUET, Président de la Communauté de Communes de la Vanne et les Maires de Champigny, Champlay, Chamvres et Chigy, ainsi que Pierre COLSON et Stéphane MEURET historien de la 2ème Guerre Mondiale.

     

    Les discours purent alors commencer : d’abord celui du Président de l’Association des Amis d’EL LOBO pour remercier tous les participants à la cérémonie, Pierre COLSON, initiateur du projet, les généreux donateurs : le Ministère des Anciens Combattants, le Conseil Général, le Souvenir Français, les Associations patriotiques et en particulier le Groupement des Maquisards et Réfractaires de Sens, la Ville de Sens, la Communauté de Communes de la Vanne, les Sociétés Boeing et Senoble et les très nombreux donateurs privés. Il remercia également les collectivités et les bénévoles qui avaient aidé à l’organisation de la manifestation.

     

    Pierre COLSON quand à lui, refit avec émotion, l’historique des quatre avions et de leur équipages. Il rappela qu’EL LOBO atterrit à Chigy le 21 mars 1945, après 113 missions  de combat dont une sur Arromanches le 6 juin 1944. Cette forteresse volante avait été gravement endommagée après une mission sur la gare de triage de Fulda-Plauen en Rhénanie. Il souligna avec humour la lourde responsabilité de ces équipages de ‘gamins si jeunes qu’on ne leur aurait pas confié une voiture », mais qui avaient contribué à notre libération. Mme Alexandra YTHIER, de Chamvres avait préparé un poème :

     

    A la mémoire de tous les B17

     

    Il est mort, le grand oiseau blanc

     

    Du plus haut du ciel enfiévré

     

    Sur la terre où il n’aurait jamais dû sombrer

     

    Il est mort, le grand oiseau blanc

     

    Sur notre Sol qu’il voulait tant libérer

     

    Le Président de la communauté de Communes de la Vanne, Michel REBEQUET rappela le souvenir de ROCHAMBEAU, seigneur de Vulaines au XVIIIè siècle, compagnon de LAFAYETTE, qui avait participé à la lutte menée par WASHINGTON pour conquérir l’indépendance américaine. En retour ; en 1944, les jeunes américains nous ont rendu notre honneur et notre liberté en luttant contre le nazisme. Cela valait bien un petit poème :

     

    El Lobodeux, ce loup, se posant sur le ventre,

     

    Jamais ne regagna son antre

     

    Il finit dans un champ, à quelques pas d’ici

     

    Auprès de la Vanne, à Chigy

     

    Démonté, démembré, il n’a laissé de traces

     

    Que dans quelques esprits pugnaces.

     

    Qui refusant l’oubli, ont désiré ce jour :

     

    A El Lobo deux, pour toujours

     

     

     

    Au-delà de la pierre levée en son honneur,

     

    Souvenons-nous des aviateurs

     

    Des soldats, de ces « boys », qui ont participé

     

    Aux combats pour nous libérer.

     

    Cette pierre est symbole, elle garde la mémoire

     

    De ceux qui ont eu pour devoir

     

    De lutter contre un monstre, une hydre : le Fascisme

     

    Ignoble avatar du racisme.

     

    Vous qui passez ici, gardez-vous d’oublier

     

    Que dans ces lieux hospitaliers Un loup blessé à mort, après avoir lutté

     

    Est tombé pour la liberté

     

     

    Le Colonel PARKER vétéran du 457ème Groupe de bombardement, en termes très touchants, rappela les sacrifices des aviateurs de la 8ème US ARMY AIR FORCE : 26 000 tués et ceux du 457ème Groupe 739 tués ou prisonniers au cours de 237 missions de combat pendant lesquelles 17 000 tonnes de bombes ont été larguées. Il souligna qu’«il ne se prenait pas pour un héros mais qu’il avait volé avec des héros » et qu’au cours d’une vie passionnante, les moments dont il était le plus fier étaient ceux où il avait volé durant la guerre.

     

    Philippe AUBERGER, notre député, tint à mettre en avant le sens de cette commémoration, avant tout, le Devoir de Mémoire vis-à-vis de nos libérateurs. Il a souhaité que les passants aient une pensée pour ces héros américains qui ont donné leur vie pour la liberté. Il a rappelé la solidité de l’amitié franco-américaine qui a toujours entraîné une aide réciproque dans les moments difficiles de nos deux histoires.

     

    Quant à lui, le Sénateur Henri de RAINCOURT, Président du Conseil Général a voulu « témoigner notre admiration et notre reconnaissance aux générations  à qui nous devons d’avoir retrouvé la Liberté ». Il a suggéré que l’on sache tirer la leçon : « se souvenir, c’est s’appuyer sur le passé pour éviter de retomber dans les errements de ce passé ».Il a remercié le peuple américain au nom de notre Pays qui « a pu compter sur l’engagement magnifique de ses alliés ». Il a, à son tour, rappelé que l’Avenir des peuples était dans le dialogue, la tolérance et le respect mutuel.

     

    M. DEMONNET Sous Préfet de Sens redit notre Devoir de Mémoire vis-à-vis de ceux qui ont assuré la défaire « d’une idéologie criminelle et totalitaire ». Ces combattants venus d’autres nations ont consenti des sacrifices décisifs pour remporter la victoire. « Toute notre gratitude à nos alliés américains qui, grâce à leur puissance technologique et le sacrifice de la vie de leurs combattants nous ont libérés ».

     

    Nous sommes comme eux attachés à la démocratie, le liberté et la solidarité.

     

    M. le Sous Préfet a dû interrompre un moment son discours car à 11heures précises « la forteresse toujours volante PINK LADY », s’annonçait dans le ciel. Instant d’émotion pour ceux qui voyaient ou revoyaient un B17 dans le ciel de Chigy. Réplique tangible des quatre forteresses « crashées » dans le Sénonais, la PINK LADY nous a fait vivre ou revivre l’approche des bombardiers, le grondement des moteurs et la trace de leurs hélices. On pouvait imaginer à l’intérieur de la carlingue, les jeunes américains qui, il y a à peine soixante ans, avaient exécuté ces dangereuses missions.

     

    Après les discours, la cérémonie d’inauguration commença. Les porte-drapeaux s’immobilisèrent en arc de cercle à bonne distance de la stèle, tandis que les personnalités se positionnaient devant.

     

    Et ce fut une grande émotion de voir le Colonel PARKER et le radio Russel KARL se joindre au Sous Préfet, à Henri de RAINCOURT et Philippe AUBERGER pour dévoiler la plaque. Après la levée des couleurs américaines et françaises et la sonnerie aux morts, l’assistance respecta une minute de silence.

     

    La fanfare exécuta alors le Chant des Partisans ; l’Hymne américain, et la Marseillaise. L’Association des Amis d’EL LOBO, le groupement des maquisards et réfractaires du Sénonais et les Maires des quatre communes de Champigny, Champlay, Chamvres et Chigy déposèrent ensuite une gerbe au pied du monument.

     

    C’est alors que chacun put, tout à loisir, venir admirer le monument : un bloc de grès du Sénonais portant une plaque de granit noir où sont inscrits les noms des quatre forteresses : SIGHTLY DANGEROUS, YOU NEVER KNOW, OMBREE AGO, et EL LOBO II avec la date et le lieu de leur chute. Le temps était tellement radieux que la stèle reflétait les images comme un miroir.

     

    Beaucoup de gens et en particulier nos amis américains se sont faits photographier devant, afin de garder un souvenir de ce beau jour.

     

    Pendant un long moment, les porte-drapeaux et les personnalités échangèrent des salutations avec nos hôtes américains.

     

    Et puis, insensiblement, la foule se dirigea vers le terrain de pique-nique où le Conseil Général offrait un généreux apéritif. Chacun prit plaisir à se rafraîchir et se restaurer tout en continuant à deviser et à commenter l’évènement. Mais, pour beaucoup, l’affaire n’était pas terminée. La salle Paul BERT prêtée par la Municipalité de Villeneuve-l’Archevêque accueillit un peu plus de 260 convives, sans repousser les murs, pour un banquet amical. Là, les conversations purent continuer. Les voisinages de table furent l’occasion de rencontres inattendues mais combien drôles entre bleus d’aujourd’hui et anciens « de toutes les guerres ». Au dessert, comme il se doit, furent échangés toasts et cadeaux, dont un drapeau de la 8ème Army Air Force offert à Pierre COLSON.

     

    Enfin, vint le moment de se préparer. Chacun regagna, qui son village icaunais, qui sa lointaine Amérique, certes avec regret, mais en emportant un très beau souvenir.

     

    Quant au monument, il accueille de nombreux visiteurs et fait l’admiration de tous.

     

    Malheureusement, un indélicat, plutôt égocentrique, celui-là, a trouvé fort à son goût les cyprès bleus dont s’enorgueillissait le Mémorial, et s’en est accaparé quelques uns. Le respect, les sentiments et l’honnêteté n’étaient sûrement pas son fort. Tout est rentré dans l’ordre après une intervention du jardinier, mais cela laisse un sentiment d’amertume quant à la moralité de nos citoyens. !

     

    Mais EL LOBO et les autres sont au dessus de cela et leur souvenir perdurera.

     

    Jean STENUIT (2005)